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À la découverte des services d’inspection de Swissmedic Sur place, la minutie est de rigueur

Les inspecteurs de Swissmedic ne sont pas toujours accueillis à bras ouverts, surtout lors de contrôles inopinés. Pourtant, affirme Christian Schärer, responsable de l’équipe d’inspecteurs de Swissmedic, les entreprises devraient en profiter pour démontrer leur maîtrise de la fabrication de leurs médicaments. Nous avons accompagné les inspecteurs lors d’une inspection de routine chez Lonza, à Viège.

Bienvenue dans la zone de sécurité

Entrer chez Lonza n’était déjà pas facile avant la pandémie. Mais à l’automne 2021, pour pénétrer sur le site de fabrication d’une entreprise pharmaceutique, les dispositifs de sécurité à respecter sont légion et casque, lunettes de protection et bonne santé de rigueur. « Être prêts pour une inspection est indispensable. Notre priorité consiste toujours à assurer la sécurité, pour protéger les patients mais aussi la santé de nos employés », affirme Mathias Forny, porte-parole de Lonza pour expliquer les mesures de sécurité. « Les inspections sont importantes. Sans l’autorisation d’exploita­tion délivrée par Swissmedic, nous ne pourrions pas exercer nos activités de fabrication dans le domaine de la santé. L’Institut suisse des produits thérapeutiques est donc toujours le bienvenu chez Lonza. »

Des moments de surprise

Aujourd’hui, l’équipe de Christian Schärer, composée de Markus Escandari et Susanne Wings, était attendue et les responsables de Lonza avaient donc pu s’y préparer. En cas de suspicion d’irrégularités, les inspecteurs se rendent parfois de façon inopinée dans les locaux des entreprises. « Ce genre de situation est délicat pour tout le monde, surtout lorsqu’il y a suspicion d’infraction. Pour nous aussi, c’est difficile parce que nous devons faire l’inspection de toute façon, que les responsables soient là ou non », explique Christian Schärer. Ces suspicions, elles découlent souvent de signaux provenant de la surveillance du marché, de lanceurs d’alerte (p. ex.­ d’anciens employés d’une entreprise), d’autres autorités, voire de journalistes. Mais même lorsque les inspections sont annoncées, il y a toujours des moments de surprise dont les inspecteurs peuvent tirer parti. Pour l’équipe de Christian Schärer, une inspection n’est pas un simple contrôle. « L’entreprise doit aussi montrer la qualité de ses processus de travail et qu’elle fait tout ce qui est humainement possible pour garantir la qualité de ses médicaments. »

« Ce qu’il y a de passionnant dans ce métier, c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer. »

Susanne Wings
Les normes

Toute inspection dans le domaine des médicaments vise en premier lieu à vérifier le bon respect de la loi sur les produits thérapeutiques. Pour fabriquer ou distribuer des médicaments, disposer d’une autorisation d’exploitation est indispensable – et elle n’est délivrée que si les résultats de l’inspection sont positifs. Il faut donc que les normes internationales de qualité soient observées et en particulier que le personnel soit adapté, de même que les locaux et les procédures, qui contribuent à garantir la qualité des médicaments. « Tout fabricant est inspecté avant de démarrer ses activités et fait l’objet d’une surveillance régulière », précise Christian Schärer. Ces inspections sont réalisées dans toute la Suisse par 30 personnes, qui travaillent soit chez Swiss­medic soit dans l’un des quatre services régionaux. « Au total, 1100 entreprises disposent d’une autorisation de fabrication ou de distribution de médicaments. Nous menons tous les ans de 600 à 700 inspections, chaque inspecteur passant plusieurs jours à examiner les documents produits mais aussi et surtout à contrôler le bon respect des exigences légales directement sur place, dans les locaux de l’entreprise. »

Les principaux enjeux

« En tout premier lieu, nous devons nous familiariser avec l’organigramme de l’entreprise », commente Susanne Wings. « Il n’y a pas de règle, chaque fabricant est différent. Ils ont tous leur propre manière d’appliquer les directives et nous devons vérifier qu’ils le font comme il faut. » Dans quelle mesure les inspecteurs doivent-ils maîtriser leur sujet ? « Mieux nous nous y connaissons, plus il est facile de détecter des risques et de savoir ce qui est déterminant. Nous suivons régulièrement des formations, car la technologie évolue tout le temps – et nous devons rester en phase avec elle. Et puis, chaque inspection est l’occasion d’en apprendre davantage », résume Christian Schärer. L’expertise joue aussi un rôle essentiel dans la planification et la composition des équipes. Sans oublier les compétences linguistiques et la disponibilité. « La configuration des équipes change. Les permutations sont importantes, p. ex. pour Lonza, nous pouvons recourir au besoin à neuf inspectrices et inspecteurs qualifiés des services d’inspection de Swissmedic. »

Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Swissmedic Inspektion bei Lonza
Markus Escandari, Christian Schärer et Susanne Wings
Markus Escandari, Christian Schärer und Susanne Wings
Markus Escandari, Christian Schärer und Susanne Wings
Les conséquences

Christian Schärer et son équipe ont vécu beaucoup de choses au fil des ans et traversé de nombreux moments d’émotion. « Chaque inspection a sa propre histoire. Nous sommes au cœur des événements et parfois, il y a des pleurs. Il arrive que des détails aient un impact important, surtout lorsque nous observons des déviations critiques », résume-t-il. « Il nous est arrivé d’oublier d’accorder une pause de midi à une entreprise », se souvient Markus Escandari. Susanne Wings ajoute : « Ce qu’il y a de passionnant dans ce métier, c’est qu’on ne sait jamais ce qui va se passer – et des imprévus, il en arrive régulièrement. Parfois, l’entreprise se révèle être différente de ce à quoi nous nous attendions en préparant l’inspection. »

L’exemple de Lonza

Une inspection est toujours un état de lieux à un instant t. Pour l’équipe d’inspecteurs, la préparation est la clé. « Nous devons décider à quoi nous consacrerons le plus efficacement le peu de temps disponible pour pouvoir contrôler en profondeur. Ce qui est prioritaire, les risques inhérents à un procédé de fabrication selon le type de produits fabriqués », récapitule l’inspecteur Markus Escandari concernant les exigences de Swissmedic. Chez Lonza, le point clé est la taille et la complexité des chaînes de production. « Une inspection dure toujours entre trois et cinq jours. Là, nous allons notamment inspecter une toute nouvelle chaîne de fabrication dans laquelle doivent être fabriqués des principes actifs. Les dispositifs de sécurité sont donc très importants », explique Christian Schärer. « Nous vérifions l’adéquation et la capacité opérationnelle de toute l’installation et des procédés de ­fabrication – des éléments cruciaux avant d’autoriser le démarrage de la fabrication ». Conclusion après une première journée d’inspection ? « Nous avons maintenant une bonne vue d’ensemble et savons où nous allons affiner nos contrôles. Nos constatations finales seront documentées dans le rapport d’inspection ». Et qu’en pense Lonza ? « La pandémie a clairement montré qu’une collaboration étroite entre les entreprises pharmaceutiques et les autorités sanitaires était la clé de l’amélioration de la santé dans le monde », explique Mathias Forny. Qui poursuit : « Notre priorité est de continuer à assurer le respect des normes et prescriptions internationales. »

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