Ce document se base sur Internet et contient de nombreux renvois à d'autres documents. Il est régulièrement actualisé et publié sur www.swissmedic.ch/md.asp.
Ce guide, élaboré par l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, s'adresse en particulier aux entreprises qui développent, fabriquent ou distribuent en Suisse des dispositifs médicaux pour l'usage humain. Ce document résume la réglementation des dispositifs médicaux côté pratique et renvoie aux documents importants et aux sources d'information. Veuillez noter que le contenu n'est pas exhaustif. Dans chaque cas particulier, il convient de consulter les textes juridiques et les normes applicables.
Swissmedic recommande d'utiliser ce guide pour la formation et le perfectionnement des personnes chargées de tâches réglementaires ou de la conception et du contrôle des produits. Vous trouverez d'autres informations de Swissmedic sur les dispositifs médicaux sur Internet à l'adresse www.swissmedic.ch/md.asp.
Ces textes législatifs transposent en droit suisse les exigences des directives européennes sur les dispositifs médicaux et contiennent des prescriptions nationales supplémentaires. L'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, et pour certains secteurs les cantons, veillent à l'application de la LPTh.
L' Ordonnance sur la prévention de la maladie de Creutzfeldt-Jakob lors des interventions médico-chirurgicales (OMCJ), qui repose sur la loi sur les épidémies, interdit l'utilisation de dure-mère d'origine humaine et réglemente les mesures de décontamination, désinfection et stérilisation pour les dispositifs médicaux invasifs réutilisables. Les cantons veillent à l'application de ces mesures.
La Suisse a signé avec les états membres de la Communauté européenne, les pays de l'AELE et la Turquie différentes conventions (accords bilatéraux, accords de reconnaissance mutuelle - ARM) sur la reconnaissance mutuelle en matière d'évaluation de la conformité des dispositifs médicaux. Ces conventions s'appuient sur le marquage CE européen ainsi que sur la mise en œuvre des directives européennes relatives aux dispositifs médicaux. Concrètement, les états signataires de ces conventions reconnaissent les certificats délivrés par les organismes suisses d'évaluation de la conformité, et inversement, la Suisse reconnaît les évaluations de la conformité qui ont été effectuées par des organismes notifiés ou organismes d'évaluation de la conformité des autres états parties aux conventions.
Ces conventions simplifient également les obligations d'annonce pour les entreprises qui mettent sur le marché des dispositifs médicaux, et permettent à ces dernières de commercialiser directement leurs produits à partir de la Suisse dans tous les pays de la CE et de l'AELE ainsi qu'en Turquie sans devoir désigner de mandataire ayant son siège dans ces différents pays. De leur côté, les entreprises dont le siège se trouve dans un des états signataires peuvent également commercialiser directement en Suisse les dispositifs médicaux qui sont conformes. Toutefois, les réglementations nationales spécifiques au sujet des dispositifs médicaux restent d'application dans les différents états signataires (notamment l'obligation d'annoncer les nouveaux produits, les langues dans lesquelles l'information sur le produit doit être rédigée, les exigences quant à la vente sur ordonnance et l'utilisation par des professionnels, les canaux de distribution, les points de vente au public, la publicité, le remboursement par les assurances sociales).
Les questions à propos de ces conventions peuvent être adressées au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).
Chaque entreprise devrait soigneusement examiner les caractéristiques des produits et les allégations prévues pour déterminer quelle loi s'applique au produit. L'usage médical et les allégations thérapeutiques ne sont autorisés que pour les médicaments et les dispositifs médicaux. La distinction entre dispositifs médicaux et les produits suivants est, en pratique, spécialement importante:
L'article 1 de l'ODim contient la définition du dispositif médical. Font partie des dispositifs médicaux:
Certains dispositifs médicaux peuvent aussi être soumis à d'autres réglementations. Ces dispositifs doivent alors satisfaire à leurs exigences en plus de celles de la LPTh et de l'ODim. Ils peuvent être soumis à des procédures de notification ou autorisation supplémentaires. Exemples:
Pour garantir le bon développement d'un dispositif, il convient d'examiner régulièrement l'état des connaissances et les exigences qui s'appliquent au produit.
Les exigences essentielles des directives de l'UE sur les dispositifs médicaux doivent être respectées (énoncées à l'Annexe I de chaque directive), ce qui peut être garanti et prouvé par l'application des normes techniques harmonisées adéquates ainsi que par les instructions des autorités compétentes.
Normes harmonisées: elles concrétisent les exigences essentielles ancrées dans la loi. Elles peuvent être spécifiques au produit ou prévoir des procédures ou des exigences générales (p. ex. l'application de la gestion des risques aux dispositifs médicaux, les exigences pour un système d'assurance de la qualité). Les titres des normes en vigueur et leurs références sont publiés dans la Feuille fédérale. Les normes sont ainsi immédiatement en vigueur, sans délais transitoires. Il s'agit donc de suivre régulièrement le développement des normes actuelles, d'introduire ce qui est nouveau dans le système de gestion des risques et de planifier suffisamment tôt les éventuelles mesures correctrices.
Le respect des normes techniques n'est pas obligatoire, il est toutefois vivement recommandé. En effet, si l'entreprise s'écarte des normes ou s'il n'y a pas de normes applicable, elle doit prouver que son dispositif présente toute la sécurité et les performances requises selon l'état actuel des connaissances. L'écart par rapport aux normes actuelles applicables a lieu en général lorsque le produit est innovateur ou en cas d'utilisation d'une nouvelle technologie. Des ressources considérables peuvent alors être nécessaires pour l'examen des divers aspects (p. ex. pour des validations, comparaisons de produits, etc.).
Analyse des risques et évaluation clinique: le rapport bénéfice/risque doit être acceptable selon l'état actuel des connaissances. Il convient d'effectuer une analyse des risques pour chaque dispositif médical ou chaque groupe de dispositifs médicaux comparables (en règle générale selon EN ISO 14971), y compris une évaluation des données cliniques, si de telles données sont applicables pour ce produit. Les propriétés cliniques revendiquées doivent également être atteintes par le dispositif et démontrées par le fabriquant. Pour obtenir des données pertinentes, il peut être nécessaire de procéder à des essais cliniques sur des patients (cf. aussi document MEDDEV Clinical Evaluation). L'analyse des risques doit être régulièrement réexaminée en regard de l'état actuel des connaissances. Les risques n'étant pas ou plus acceptables selon l'état actuel des connaissances doivent en premier lieu être éliminés par des modifications techniques.
Prescriptions et interprétations des autorités: La Commission européenne ainsi que les autorités nationales compétentes peuvent publier des interprétations de l'état actuel des connaissances et également des prescriptions concernant différents aspects techniques. Comme exemple de prescriptions, on peut citer les spécifications techniques communes pour les dispositifs médicaux de diagnostic in vitro et les exigences pour les dispositifs médicaux contenant du matériel d'origine animale. Les documents MEDDEV sont des exemples d'interprétations de l'état actuel des connaissances. Veillez à vérifier régulièrement les nouvelles parutions et les actualisations de ces documents.
Toute étude systématique des propriétés d'un dispositif médical réalisée sur l'être humain est considéré en Suisse comme un essai clinique. La LPTh et l'OClin définissent les exigences pour le déroulement des essais cliniques en Suisse. Elles transposent en droit suisse les dispositions des directives européennes sur les dispositifs médicaux et définissent les dispositions nationales (la feuille d'information sur les essais cliniques de dispositifs médicaux en donne un aperçu). Un essai clinique ne peut commencer que si les points suivants sont respectés:
Tout incident grave qui survient pendant les essais cliniques doit être annoncé à la commission d'éthique et à Swissmedic. Un rapport sur la sécurité des patients et la liste des incidents graves doivent être envoyés une fois par année pendant toute la durée de l'essai. La fin ou l'arrêt prématuré de l'essai clinique doivent également être annoncés.
Cette évaluation ne comprend aucune application sur un sujet humain du dispositif soumis à l'essai. Ces évaluations n'entrent pas dans le champ d'application de l'OClin et ne doivent pas être annoncées à Swissmedic.
Lors du prélèvement et de l'utilisation d'échantillons humains, les droits du donneur ainsi que les prescriptions cantonales applicables doivent cependant être respectées. Il faut donc faire appel à la commission d'éthique compétente du lieu où se déroulent ces essais.
En Suisse aussi, le dispositif soumis à l'essai doit remplir les Exigences essentielles (excepté pour les aspects faisant l'objet de l'évaluation des performances).
Une utilisation du dispositif à des fins diagnostiques est inadmissible. Afin d'éviter toute confusion avec des produits conformes, le dispositif soumis à l'évaluation doit être marqué en conséquence.
L'information sur le produit englobe aussi bien la notice d'utilisation que les indications figurant sur l'emballage et le produit. Les exigences essentielles des directives de l'UE en fixent le contenu minimal, elles s'appliquent également en Suisse.
Pour distribuer un dispositif médical en Suisse, toute l'information sur le produit doit être rédigée en allemand, français et italien. Il est possible de déroger à cette règle dans deux cas: pour les dispositifs médicaux sur mesure et pour ceux remis exclusivement à des personnes qualifiées. La sécurité pour tous les intervenants doit néanmoins être garantie. Les utilisateurs des dispositifs doivent donc bien comprendre les informations dans la langue prévue et accepter cette dérogation.
Outre le fabricant, le nom et l'adresse de la personne responsable de la première mise sur le marché avec siège en Suisse (ou avec siège dans un des Etats contractants avec la Suisse) doit également figurer sur le produit.
Le choix des procédures d'évaluation de la conformité et l'obligation d'annoncer dépendent du risque présenté par le type de dispositif concerné. C'est pourquoi, tout fabricant ou responsable de la mise sur le marché doit classer les dispositifs médicaux classiques et ceux de diagnostic in vitro:
(Il n'existe pas encore de procédures d'évaluation de la conformité ni de marques de conformité pour les dispositifs médicaux classiques ou implantables actifs contenant des tissus humains dévitalisés).
a. Fabricant
L'évaluation de la conformité par le fabricant présuppose que le dispositif remplit toutes les exigences essentielles qui lui sont applicables. Les preuves écrites doivent être gardées pour chaque dispositif (documentation technique, donnés relatives aux différents lots, etc.). Les directives de l'UE contiennent plusieurs procédures d'évaluation de la conformité. Ces procédures s'appliquent également en Suisse. Si le produit a subi avec succès la procédure d'évaluation de la conformité, le fabricant établit la déclaration de conformité du dispositif. Toute personne ou entreprise qui modifie sous sa propre responsabilité un produit conforme ou le place sur le marché sous son propre nom est considérée comme fabricant.
Evaluation de la conformité par le fabricant, sous sa seule responsabilité
| - | tous les dispositifs sur mesure (fabriqués pour un patient nommément désigné suivant la prescription écrite d'une personne dûment qualifiée) |
| - | tous les systèmes et unités de traitement (assemblés à partir de dispositifs médicaux et d'accessoires conformes selon les instructions du fabricant) |
| - | dispositifs médicaux classiques de la classe I (non stériles et sans fonction de mesure) |
| - | dispositifs médicaux de diagnostic in vitro (excepté Annexe II et produits pour l'autodiagnostic) |
Evaluation et contrôle périodique de la conformité par un organisme notifié
| - | dispositifs médicaux stériles de la classe I |
| - | dispositifs médicaux avec fonction de mesure de la classe I |
| - | dispositifs médicaux des classes IIa, IIb ou III |
| - | dispositifs médicaux implantables actifs |
| - | dispositifs de diagnostic in vitro selon Annexe II |
| - | dispositifs de diagnostic in vitro pour l'autodiagnostic |
Quand le dispositif a subi avec succès la procédure d'évaluation de la conformité, le fabricant établit la déclaration de conformité du produit. Dans la déclaration de conformité, le fabricant:
Dérogations accordées au cas par cas (dérogations humanitaires): Une dérogation permet de remettre ou d'utiliser en Suisse des dispositifs médicaux non conformes, destinés à des patients bien identifiés.
b. Distributeur, importateur
Celui qui distribue des dispositifs médicaux en Suisse est responsable de la conformité des produits et doit le prouver sur demande. A ce propos, les distributeurs et les importateurs devraient tout particulièrement contrôler les points suivants:
c. Documentation
Il est conseillé de conserver les documents pendant au moins 10 ans à compter de la date de la dernière mise sur le marché (implants 15 ans), voire plus longtemps dans certains cas.
Les entreprises et les personnes doivent s'annoncer à l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, si elles veulent mettre pour la première fois sur le marché suisse ou sur le marché d'un Etat contractant des:
ou si elles veulent mettre pour la première fois sur le marché suisse les produits suivants (applicable à tous les fabricants et importateurs, y compris de pays européens):
Toute modification des données annoncées doit également être notifiée, une fois par an, à l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic.
Par contre, la première mise sur le marché des dispositifs médicaux des classes IIa, IIb, III et des dispositifs médicaux implantables actifs n'est pas soumise à notification. Pour ces dispositifs médicaux, le recours à un organe d'évaluation de la conformité est obligatoire.
Quiconque remet des dispositifs médicaux à des utilisateurs finaux est considéré comme responsable de la mise sur le marché au sens de l'ODim. Dans ces cas, il faut:
Le droit des produits thérapeutiques détermine les obligations qui incombent aux utilisateurs professionnels de dispositifs médicaux (p. ex. médecins, personnel soignant, thérapeutes). Ces personnes doivent:
Les lieux de remise et les lieux où l'on applique des produits thérapeutiques sur des patients doivent selon les circonstances être au bénéfice d'une autorisation cantonale. Le canton concerné informe sur les autorisations pour pratiquer et les autorisations d'exploiter. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) informe quant à l'élimination des déchets médicaux.
Généralités: L'ODim exige que toutes les personnes responsables de la mise sur le marché de dispositifs médicaux (fabricants, importateurs, grossistes, détaillants, etc.) établissent et maintiennent un système de surveillance des produits une fois sur le marché. Le but de ce système est de collecter et d'évaluer les informations concernant la sécurité, la qualité, la durée de conservation ainsi que les performances du dispositif lors de son utilisation. Ces données permettent de constater d'éventuels problèmes et de prendre les mesures correctives nécessaires. Un élément primordial est la collecte et l'évaluation des réclamations des clients. Il peut y en avoir d'autres (tout dépend du produit et des risques pour la santé): collecte et évaluation de publications scientifiques; informations concernant le contact avec les clients recueillies par un service extérieur; informations obtenues lors de la réparation de produits défectueux; questionnaires envoyés aux clients pour leur demander s'ils sont satisfaits du produit; études de post market clinical follow-up.
Vigilance: Les fabricants et toutes les personnes responsables de la mise sur le marché de dispositifs médicaux sont tenus d'annoncer à l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic, tout incident et atteinte à la santé graves, tout retrait du marché d'un dispositif et toute mesure corrective prise par le fabricant. Ces annonces ont pour but d'éviter la répétition d'incidents. Le fabricant et la personne responsable de la mise sur le marché ont l'obligation d'analyser les causes d'un incident et de prendre toutes les mesures correctives nécessaires. Ces actes sont supervisés par l'Institut suisse des produits thérapeutiques, Swissmedic.
Retraits du marché et autres mesures correctives, traçabilité des produits mis sur le marché: Si des dispositifs médicaux posent des problèmes, l'entreprise concernée, sur la base des informations collectées, doit pouvoir appliquer les mesures correctives prévues par le fabricant et disposer d'un système efficace de retraits des produits du marché y compris pour leur traçabilité. Cette traçabilité doit permettre de remonter jusqu'aux clients de l'entreprise et selon les risques liés au dispositif, jusqu'aux patients eux-mêmes. Il convient d'instaurer une procédure pour les échanges d'informations entre fabricants et distributeurs.
Certificats d'exportation (Free sales certificates, FSC): Certains pays exigent pour l'importation ou la mise sur le marché d'un dispositif médical un certificat d'exportation délivré par l'autorité compétente de l'Etat de provenance. Swissmedic octroie ces certificats pour les dispositifs médicaux au sens de l'ODIM (seulement pour l'usage humain).
Questions douanières: L'administration fédérale des douanes est compétente pour les questions relatives aux tarifs douaniers en matière de circulation des marchandises et pour la réglementation douanière.